Actualités
Les sujets qui font l'actualité du GrandPalaisRmn.
Entre tradition et avant-garde : le parcours de Tarsila do Amaral exposé au Musée du Luxembourg
15 novembre 2024
Entre héritage et modernité, tradition et avant-garde, découvrez l'artiste brésilienne Tarsila do Amaral jusqu’au 2 février au Musée du Luxembourg.
Des racines brésiliennes aux prémices artistiques
Née en 1886 dans une famille de riches producteurs de café de São Paulo, Tarsila do Amaral grandit entourée de culture et de raffinement. Dans le cadre privilégié de la fazenda familiale, vaste exploitation, elle s'initie au piano, à la littérature, et apprend le français. Mariée à 20 ans, elle divorce en 1913 pour embrasser sa passion : l’art. Tarsila se forme d'abord à São Paulo auprès de maîtres académiques réputés, avant de rêver plus grand au début des années 1920, décidant de rejoindre Paris, la capitale des avant-gardes artistiques.
Paris, ville de découvertes et d’influences
Arrivée à Paris en 1920, Tarsila s’inscrit à l’Académie Julian, une des rares écoles qui ouvrent ses portes aux femmes et aux étrangères. Là, elle explore l’impressionnisme, découvre la peinture sur modèle vivant et développe une peinture douce et réaliste. C'est ensuite à l’Académie Emile Bernard qu’elle commence à peindre avec plus de liberté, travaillant les couleurs et expérimentant un style plus moderne.
Mais ce n’est qu’en 1923, lors de son second séjour parisien, que Tarsila affine son style. Elle intègre les ateliers d’André Lhote, puis de Gleizes et Léger, où elle se familiarise avec le cubisme. Introduite dans le cercle d’artistes et d’intellectuels par Blaise Cendrars, elle fréquente Constantin Brancusi, Jean Cocteau et Erik Satie. L’artiste brésilienne adopte des formes géométriques et des perspectives nouvelles. Ses œuvres prennent une tournure cubiste, alliant composition libre et simplicité des lignes.
C’est dans cette période qu’elle peint des toiles marquantes comme “A Caipirinha”, qui porte la marque de ce modernisme européen structuré, mais aussi de son propre imaginaire. Commencé au printemps 1923, ce tableau est pour Tarsila l’une des premières tentatives de s’affranchir des codes de la figuration académique à travers des langages d’avant-garde. Dans une lettre à ses parents, l’artiste parle de ce tableau comme d’un autoportrait symbolique, une façon de se représenter en jeune fille de la campagne brésilienne (une petite « caipira ») jouant avec les branches du jardin comme elle le faisait enfant.
Un pont entre deux cultures
Durant ses années parisiennes, Tarsila garde un lien étroit avec le Brésil, suivant de près l'effervescence artistique qui s’y développe. De retour à São Paulo après la Semaine de l’Art Moderne, elle rejoint la peintre Anita Malfatti, les écrivains Mário et Oswald de Andrade et Menotti del Picchi. Ensemble, ils fondent le “Grupo de Cinco”, animés par un désir commun de moderniser l’art brésilien, de mettre en pratique les nouveautés apprises sur le vieux continent. Tarsila do Amaral, au Brésil comme en Europe, commence à trouver sa place d’artiste dans les prémices de cette époque moderniste.
Du Brésil à Paris, des touches impressionnistes aux figures cubistes, venez découvrir l’épopée moderniste de Tarsila do Amaral au Musée du Luxembourg jusqu’au 2 février 2025 !
A lire aussi
Voir toutes les actualités
16 janvier 2026