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Tarsila do Amaral : le parcours d’une artiste engagée exposé au Musée du Luxembourg
10 janvier 2025
Puisant son inspiration dans les cultures indigènes, africaines et européennes, Tarsila do Amaral a forgé un art résolument moderne. À travers ses œuvres, elle défend les droits des travailleurs et des minorités, tout en s'impliquant pleinement dans les luttes politiques de son époque. Explorez le parcours de cette artiste visionnaire, dont le combat résonne encore aujourd’hui.
Une artiste engagée
Tarsila do Amaral, artiste incontournable du Brésil, s’est toujours nourrie des cultures indigènes, africaines et européennes pour forger son univers. Mais au-delà de ses influences stylistiques, c’est son engagement social et politique qui marque véritablement son œuvre. Dans les années 1930, alors que le Brésil traverse une crise économique, l’artiste se place aux côtés des classes populaires et des mouvements de gauche, jusqu’à être emprisonnée.
Une nouvelle conscience sociale et politique
Malgré le succès et la notoriété, l’année 1929 se termine tragiquement pour l’artiste brésilienne : le krach boursier de New-York retentit sur le monde, le cours du café s’effondre et les difficultés économiques s’aggravent avec l’élection de Getúlio Vargas. Tarsila est contrainte d’hypothéquer le domaine familial et n’a plus d’autres choix que de travailler.
Toujours dans une quête identitaire, la peintre brésilienne, pourtant héritière, s’intéresse aux idéologies de gauche et au modèle promu par le gouvernement Soviétique. Grâce à la vente de certaines de ses toiles, elle part faire un voyage en URSS avec son nouveau compagnon, le psychiatre Osario César. Ensemble, ils découvrent Berlin, Odessa, Belgrade ou encore Leningrad. Influencée par ses nouvelles amitiés dans les cercles politiques de gauche, et ses découvertes, les peintures de Tarsila commencent à intégrer les préceptes du réalisme social.
Jusqu'à la prison
Sa nouvelle idéologie et son voyage en URSS lui coûtent la prison, où elle reste enfermée un mois. Cette arrestation la détourne alors de tout militantisme public bien que sa peinture, elle, reste empreinte quelques temps de ces thématiques sociales.
Les classes populaires, évoquées par les silhouettes anonymes des tableaux des années 1920 deviennent désormais les véritables protagonistes de ses fresques sociales. Laissant la place à des tons plus sobres, Tarsila peint dans un style renouvelé les thématiques de la ruralité, du milieu industriel avec une attention particulière pour la classe ouvrière et les conditions de travail des femmes, comme en témoignent les tableaux Operarios et Costureiras.
Une fois encore, Tarsila do Amaral réaffirme ce en quoi elle croit, quitte à aller contre son statut social d’origine, au plus près de ce qu’elle est.
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