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5 dates pour comprendre le Nouveau Réalisme à travers les gestes
6 mai 2025
Une voiture compressée, un repas figé, une affiche lacérée : autant de gestes simples, directs, qui partagent une même idée. Celle de faire entrer le réel dans le champ de l’art. Avec l’exposition Tous Léger !, le Musée du Luxembourg retrace cette bascule portée par les artistes du Nouveau Réalisme. Focus sur quelques gestes fondateurs et cinq dates clés pour saisir l’élan de ce mouvement !
Et si un simple geste suffisait à faire basculer le réel dans l’art ? C’est l’intuition de Fernand Léger dès les années 1930, et le grand tournant opéré par Pierre Restany et les artistes du Nouveau Réalisme à partir de 1960. De Léger à Niki de Saint Phalle et bien d’autres, cette histoire s’écrit dans les corps, les rues, les objets du quotidien.
1930 : Définir
À New York, Fernand Léger découvre la modernité urbaine et industrielle. Fasciné, il décide d’en faire le cœur de son art. Il veut intégrer les objets du quotidien, les machines, les vitrines commerciales dans le champ pictural.
"Il nous faut épouser, nous peintres d’aujourd’hui, ce qui se rapporte au fait sociologique, et s’y cramponner pour en projeter l’équivalence picturale."
Une déclaration d’intention. L’art doit parler du monde tel qu’il est.
1957 : Imprégner – Lacérer
Deux approches du réel émergent.
Yves Klein ouvre son "époque bleue" avec une série de monochromes bleu outremer, qu’il baptisera bientôt IKB pour International Klein Blue. Une couleur intense, unique, appliquée comme une empreinte.
De leur côté, Raymond Hains et Jacques Villeglé présentent pour la première fois leurs affiches publicitaires lacérées. Arrachées dans les rues de Paris, elles sont exposées telles quelles lors de l’exposition “Loi du 29 juillet 1881, ou Le lyrisme à la sauvette”.
1959 : Accumuler - Compresser - Piéger - Empaqueter
Quatre gestes forts pour une même année charnière.
Arman entame ses premières "Accumulations” : des objets du quotidien empilés dans des caisses en bois ou en Plexiglas. Usés, neufs, en série, ils sont autant de vitrines du monde moderne.
César, lui, découvre une presse hydraulique capable de produire des paquets de métal d’une tonne chez un ferrailleur de banlieue. Le résultat ? Des compressions d’automobiles présentées comme des sculptures, qui font scandale !
Daniel Spoerri, lui, invente les "Tableaux-Pièges". En collant les restes d’un repas, les objets d’un marché, puis en les figeant à la verticale, ce qui était horizontal devient tableau ; ce qui était banal devient œuvre.
Enfin, Christo réalise ses premiers "Empaquetages". Des bouteilles, des jouets, des meubles disparaissent sous un tissu épais, maintenu par des cordages. Une esthétique du mystère, entre protection et transformation.
1965 : Nana-ifier
Niki de Saint Phalle crée ses premières “Nanas”. D’abord en laine, parfois rehaussées d’objets en plastique sur une armature grillagée, puis en polyester peint, elles explosent en couleurs et en formes. Monumentales et joyeuses, ces figures féminines affirment leur liberté, leur pouvoir et leur fantaisie.
1979 : Rêver
Plus tard, l’artiste passe du geste à l’espace. En Toscane, Niki de Saint Phalle commence la construction du Jardin des Tarots. Inspiré des arcanes divinatoires, ce parc peuplé de sculptures monumentales est conçu comme un lieu de rêve et de jeu. Un projet total, mené avec une équipe d’artisans, mosaïstes et céramistes.
Avec l’exposition Tous Léger !, ces gestes s’éclairent autrement. Ils racontent comment l’art peut surgir d’un acte simple. Et comment, parfois, regarder le réel suffit à le transformer.
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