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Paris et l'avant-garde se conjuguent au féminin

15 mars 2022

Pendant les Années folles, la capitale française attire des artistes du monde entier, parmi lesquels de nombreuses femmes. Venus de partout, avec des bagages culturels divers et des situations sociales et financières non moins variées, ces artistes impriment leur marque sur cette période si féconde artistiquement : ils constituent ce que l’écrivain André Warnod baptise en 1925 l’école de Paris.

La ville offre d’abord des opportunités de formation uniques, et en particulier pour les femmes qui n’ont pas toujours la possibilité d’étudier dans leur pays d’origine, où les académies les excluent souvent.

Paris — en particulier les quartiers latins, de Montparnasse et de Montmartre — est donc LA ville des académies privées dans lesquelles les femmes sont les bienvenues.

Mais Paris n’est pas seulement un centre pour les arts plastiques, c’est plus largement une capitale intellectuelle, dans laquelle les artistes dialoguent constamment avec des écrivains et des musiciens. Dans ces milieux, les femmes, qui accèdent à des responsabilités nouvelles, joue un rôle central

d’animatrice. C’est ainsi la ville des librairies d’avant-garde, des cafés où les artistes croisent les poètes et les romanciers et où le cinéma expérimental s’invente.

Gisèle Freund, Sylvia Beach dans sa librairie Shakespeare and Company, Paris © RMN gestion droit d'auteur/Fonds MCC/IMEC  - photo Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Gisèle Freund, reproduction de Adam Rzepka

Nombre de ces lieux sont tenus par des femmes :

  • Adrienne Monnier et Sylvia Beach ouvrent respectivement, rue de l’Odéon, les librairies La Maison des Amis des livres et Shakespeare and Company, qui deviennent les lieux phares de la création littéraire de l’époque.
  • Marie Vassilieff fonde en 1910 l’Académie russe pour les jeunes artistes non francophones, puis l’Académie Vassilieff, en 1912 ;
  • Marie Laurencin enseigne avec Fernand Léger, à partir de 1924, à l’Académie moderne. Dans cette école, l’abstraction se diffuse auprès d’élèves venus du monde entier.
Rita Kernn-Larsen, Rosenblomst, National Gallery of Danemark © Adagp, Paris, 2021 / photo SMK Photo/Jakob Skou-Hansen

Grâce à cette situation, qui leur permet d’acquérir un bagage solide mais aussi d’être au contact direct des innovations artistiques les plus récentes, les artistes femmes des Années folles sont de toutes les modernités. On les retrouve dans le développement de l’abstraction. Certaines sont aussi proches du surréalisme comme la Danoise Rita Kernn-Larsen (ci-contre), qui a participé à la construction d’un surréalisme européen. Elles participent enfin au mouvement dit du «retour à l’ordre», qui a contribué à renouveler la figuration après la Première Guerre mondiale dans le sens d’une réinterprétation des maîtres anciens.

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