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Tarsila do Amaral : l'évolution d'une artiste visionnaire au Musée du Luxembourg
22 janvier 2025
Jusqu’au 2 février, laissez-vous surprendre par un monde où rêve et réalité s'entremêlent au Musée du Luxembourg ! Suivez le parcours de Tarsila do Amaral, l'artiste brésilienne qui a su retranscrire les bouleversements sociaux et architecturaux de son époque, dans une rétrospective inédite.
Du gigantisme onirique…
Dans les années 1940, Tarsila do Amaral revient à une forme de gigantisme onirique. Ce style, déjà présent dans sa période « anthropophage », se renouvelle ici, avec des thèmes proches de la réalité sociale du Brésil. L’artiste se concentre notamment sur le travail, tant rural qu’industriel, avec une attention particulière à la condition du travail féminin.
Jamais exposée dans les rétrospectives de l’artiste après sa mort, une petite série de la fin des années 1940, aux touches légères, presque pointillistes, amorce un nouveau virage stylistique. Le tableau Terra (1943) en est une parfaite illustration.
Le personnage allongé, presque fondu dans le paysage, semble en parfaite symbiose avec la nature. Les montagnes deviennent des cheveux et les cactus réapparaissent, rappelant ses œuvres des années 1920. Ici, Tarsila semble prendre ses distances avec le réalisme social pour explorer une vision métaphysique, teintée d'onirisme et de poésie. Le titre de ce tableau et le lien du personnage avec la terre semblent faire référence aux luttes paysannes qui animent le contexte rural brésilien à cette époque.
… À l’abstraction géométrique
Les années 1950 marquent un tournant dans l’œuvre de Tarsila. L’abstraction géométrique, en plein essor, influence son travail alors que le Brésil se transforme sous l’impulsion de la construction de la nouvelle capitale, Brasília.
L’artiste revisite ses anciennes compositions en leur donnant une dimension moderne, explorant de nouvelles façons de combiner formes géométriques et organiques, caractéristiques de son style depuis toujours.
Entre 1920 et 1960, le paysage brésilien se transforme radicalement. La pression immobilière et l’arrivée de nouvelles populations modifient l’horizon des villes. Dans l'oeuvre A Metrópole(1958), Tarsila saisit l'essor des gratte-ciels qui, à partir du centre-ville, envahissent progressivement les périphéries. Les teintes de gris, bleu et violet font écho à cette modernité en plein développement. L’artiste, influencée par les jeunes artistes abstraits qu’elle rencontre dans les biennales de São Paulo et Venise dans les années 1950-1960, fait de cette œuvre un témoignage visuel saisissant de l’évolution du paysage urbain brésilien.
Une rétrospective incontournable !
À travers ses toiles, Tarsila do Amaral a capturé les évolutions profondes de la société, de la culture et de l’architecture de son pays natal, le Brésil. Des influences parisiennes à l’abstraction géométrique des années 1950, son œuvre reflète les bouleversements de son époque, en abordant des sujets tels que les conditions de travail et l’urbanisation croissante. Une rétrospective saisissante à découvrir jusqu’au 2 février au Musée du Luxembourg !
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